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Béthune et Verquin : un collectif de locataires de la cité du 8 Ter dénoncent « des rénovations au rabais »

Manque de concertation, de finitions, plusieurs locataires SIA de la cité du 8 Ter, enclavée entre Béthune et Verquin, déchantent après le lancement des travaux de rénovation de ces maisons de mineurs de 1920.

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« On nous a vendu du rêve ! », raconte amère Maryline Gallet, locataire SIA d’une des 122 maisons en rénovation de la cité du 8 Ter. Lors de la réunion de présentation du projet aux locataires en octobre dernier, « la SIA nous avait promis qu’on n’aurait qu’à poser nos meubles ».Mais c’est la désillusion, à tel point que Maryline a créé le 27 mai un collectif de locataires mécontents. Pour dénoncer un manque de concertation avec le bailleur social.

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« Pas de finitions »

Les travaux de rénovation prévoyaient le remplacement de la chaudière, des menuiseries, et l’isolation de la toiture et des murs extérieurs. Et c’est là que le bât blesse. Les murs intérieurs de ces habitations de mineurs sont rongés par l’humidité. Mais ils ne seront ni traités, ni repeints.

La SIA avait promis aux locataires une concertation au cas par cas pour des travaux dits « de confort » si le besoin s’en faisait sentir. Mais à chaque demande : « Ils nous font une réponse automatique : nous n’avons pas le budget. On n’a pas voix au chapitre, se plaint Ingrid Garand, qui occupe depuis le 11 mai une maison témoin dans l’attente de retrouver sa maison, actuellement en travaux. Cette maison témoin est un bel exemple de ce qui nous attend, il n’y a pas de finitions, le travail est fait à moitié. »

Dans l’habitation témoin, seule la pièce principale est repeinte en blanc, une seule couche de peinture qui laisse encore deviner la moisissure qui revient inlassablement sur les murs.

Dans la rue Nationale à Béthune, chez Madeleine, 83 ans, les travaux sont censés être terminés dans ce plain-pied qu’elle occupe depuis à peine un mois. Mais là encore, un gros problème d’humidité persiste, les tuyaux en cuivre sont à vue et les fissures sur les murs ne sont pas colmatées. « Ils ont installé une douche, mais je ne peux pas y entrer, la cabine est trop petite. » Pour autant, Madeleine refuse de se plaindre : « Dans mon ancienne habitation qui se trouvait aussi dans la cité du 8 Ter, les murs s’effritaient. »

Plus bas, avenue Winston-Churchill, la maison de Philippe et Jeanine Marot est en train de dépérir. « La SIA m’a demandé de nettoyer ma maison, sinon, ils ne viennent pas. Ils ne sont pas passés pour la visite initiale. Vous avez beau nettoyer, la moisissure revient et à force on n’a plus le goût d’entretenir quoi que ce soit. » Une insalubrité croissante à laquelle devaient mettre fin les travaux. Mais pour Maryline Gallet, on est loin du compte : « Ce sont des rénovations au rabais ! »

La locataire mécontente a déposé, lundi matin, les statuts, pour transformer son collectif en une association de locataires.

Vendredi à 19 h, une réunion est organisée par le collectif des locataires avec le bailleur social SIA, le maître d’œuvre Nordpac et les élus, rue de l’Yser.

SIA s’explique et s’engage

L’humidité sera traitée. « Ces pathologies indépendantes du programme des travaux seront traitées. L’entreprise en charge des travaux, Norpac, va mettre en œuvre des traitements de remontées capillaires par injection de résine au pied des murs infectés. »

Concertations… Un pilote social devrait rencontrer les habitants pour les rénovations intérieures : « Il est normal que des travaux extérieurs aient commencé sans rencontre individuelle. Comme nous nous y sommes engagés, aucune intervention intérieure ne sera engagée sans la visite du pilote social. »

Un manque de finitions ? « Lors des réunions publiques en octobre dernier, nous avions convenu d’un détapissage et de la mise en blanc de 100 % des murs dans les pièces recevant un doublage thermique. Cette finition est appelée « prêt à tapisser ». Le programme n’intègre pas d’autres rénovations dans les pièces ne faisant pas l’objet d’un doublage thermique. »

La hausse des loyers. « Les habitants seront gagnants, leurs charges seront moins élevées. Les maisons étaient énergivores, classées G. Après les travaux, la classification sera entre B et D. »

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