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mars 2016 archive

Villeneuve-d’Ascq : à l’ombre du stade Pierre-Mauroy, rien ne change pour les commerçants

Dans le meilleur des mondes, l’activité des commerçants installés autour du stade Mauroy serait à l’aune de ce qu’on peut attendre d’un tel équipement. Mais la réalité est toute autre… L’Euro 2016 et les règles imposées par l’UEFA (notre édition d’hier) s’ajoutent aux difficultés de travailler loin d’un centre. Après deux fermetures, une troisième enseigne a baissé rideau sur le parvis.



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À l’ouverture du stade, Elisa, la société gestionnaire de l’enceinte, a fait miroiter la poule aux œufs d’or aux commerçants qui souhaitent s’installer sur le parvis. Ils pouvaient y croire au vue des matchs de foot, des événements sportifs et des spectacles qui étaient annoncés. Si certains ont résisté, d’autres n’ont pas tenu le choc. Nous l’avons écrit à plusieurs reprises, mais fin 2013, le Bar à pâtes ouvert par l’ancien joueur du LOSC, Adil Rami, a fermé. Il a été suivi par le Métropole, un bar-brasserie-loto-presse.

Fin 2015, les patrons du Métropole, Geneviève et Éric Deloor, ont pris un avocat spécialiste du droit immobilier et porté plainte contre Eiffage et sa filiale Eifaltis, chargée de l’événementiel. Ils réclament entre 800 000 et un million d’euros au groupe pour non-respect des accords. L’assignation a été déposée en janvier au tribunal de grande instance de Lille et une première audience devrait avoir lieu en décembre. Le couple sait qu’il s’engage dans une longue procédure…

Bien qu’Elisa ait procédé à des aménagements (les parkings souterrains sont gratuits pour les clients des commerces et un gros effort a été réalisé sur la signalétique), les problèmes persistent. Car ces efforts n’ont pas suffi à pallier le manque d’événements dans le stade. Le dernier commerce en date à avoir mis la clé sous la porte est La Régie. Le bar a fermé début janvier et ses propriétaires ont quitté les lieux en laissant tout en l’état. Aujourd’hui, il reste donc Beers’ and Co, Soho, Paradis 221, La Pause (qui a remplacé Le Métropole) et La Table.

Mais les commerçants installés à l’arrière du stade, dans les Kiosques, vivent la même galère : sur sept locaux, quatre ont fermé en décembre 2014. Clairement tournés vers la restauration rapide et installés dans des cellules plus petites, ces commerçants ne payent pas les mêmes loyers que ceux des Terrasses. Ils travaillaient bien les soirs de matchs, avec les étudiants en semaine, mais la fermeture d’un parking non loin les a privés d’une clientèle bienvenue. Désormais, comme sans doute les commerçants des Terrasses, ils attendent fébrilement l’ouverture du siège d’Orange prévu dans un an ou deux.

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Euro 2016 : l’UEFA impose son menu indigeste aux restaurateurs villeneuvois !!

À trois mois du coup d’envoi, le championnat d’Europe de foot, qui passe par Lens et Villeneuve-d’Ascq, édicte des règles dures à avaler pour les commerçants. Enseignes masquées, redevance obligatoire sous peine d’exclusion du périmètre : les tables du stade Mauroy sortent le carton rouge.


Les kiosques du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq sont dans l’obligation de masquer leurs marques et leurs devantures durant l’Euro 2016. PHOTOS THOMAS LO PRESTI

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Cachez donc ces enseignes que McDo et Coca Cola ne sauraient voir ! C’est la loi du foot business : comme l’UEFA a vendu l’Euro 2016 à ces deux marques de bouche, aucune autre n’a le droit de cité. Les enseignes présentes à l’arrière du stade depuis son ouverture, à l’été 2012, et situées dans le « village », sont donc contraintes de se cacher : « Nous devrons masquer notre devanture, enfiler des tenues UEFA et servir les boissons dans des gobelets de l’instance européenne », peste ce commerçant, qui témoigne sous couvert d’anonymat.

La parole aussi est masquée car le bail est précaire. Mais, en plus, le professionnel devras’acquitter d’une redevance. Une sorte de dîme pour pouvoir rester dans le périmètre « village » de la compétition, à raison de 600 € par cellule et par jour de match. Même si les retombées de six rencontres à 50 000 spectateurs peuvent sembler grasses, la pilule est difficile à avaler, surtout pour des commerçants qui vivotent au quotidien : « En plus du loyer mensuel pour Elisa (société gestionnaire du stade) et des charges, on doit payer une redevance juste pour avoir le droit de travailler au pied du stade pendant l’Euro ! », indique un autre, prêt à aller en justice.

Une palissade de 2,60 mètres

En cas de refus, c’est l’exclusion ! Les commerçants récalcitrants se retrouveront derrièreune palissade haute de 2,60 m et munie de bâches occultantes. Cette palissade délimitera le « village » autour du stade. Elle séparera les hôtels-restaurants des « Terrasses » (sur le parvis du stade) de l’enceinte sportive. Mais pour l’instant, ces commerçants hors « village » sont dans l’expectative, goûtant peu l’idée d’être cachés derrière des bâches, même s’ils semblent à l’abri de contraintes matérielles et financières.

Le stade sera privatisé. Adieu calicots LOSC, Crédit Mutuel, partenaires habituels de Pierre-Mauroy. Les comptoirs devront se parer des couleurs des sponsors : les soixante frigos Pepsi, dont les sodas abreuvent les supporters, disparaîtront au profit de son concurrent américain mais partenaire de l’UEFA. Avant d’être un sport, le football est un business.

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