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juin 2015 archive

Villeneuve-d’Ascq: un ascenseur OTIS en panne et des personnes handicapées en otages

Ce lundi, un tiers des salariés du groupe Otis étaient en grève. Mais leur mouvement a débuté ce week-end, par l’astreinte. Des locataires handicapés de la résidence Alende, à Villeneuve-d’Ascq, en ont fait les frais.

Bernard Caignet devant l’ascenseur qui a été remis en état de marche lundi matin, sans doute à cause de la pression de la SIA.

« Les astreintes cesseront dès le vendredi 5 juin à 17 heures, les HHO quitteront leur poste de travail le dimanche 7 juin à 14 h. En soutien aux techniciens d’astreinte, les salariés respectifs de ces secteurs pourront se déclarer en grève le vendredi 1/4 d’heure avant la fin de poste. Pour le plus grand nombre, la grève démarrera le lundi matin. » Voilà un extrait du communiqué de la CGT OTIS publié le 3 juin sur Internet. Que se passera-t-il si un ascenseur tombe en panne, qui plus est dans un immeuble où vivent sept personnes en fauteuil roulant ? A priori, les syndicats n’y avaient pas pensé…

Lorsque Bernard Caignet, président de l’Association Résidence Alende qui était en déplacement la veille, rentre chez lui dimanche, à 11 heures, il veut prendre l’ascenseur, mais les battants ne s’ouvrent pas. Il voit par contre la porte de l’escalier s’ouvrir et deux ambulanciers apparaître en portant sa voisine, elle aussi en fauteuil roulant. Elle lui explique que la veille elle a dû appeler les pompiers pour accéder à son appartement parce que l’ascenseur ne fonctionnait déjà plus. Bernard Caignet contacte alors la plateforme OTIS. On lui répond que quelqu’un va venir. Il a attendu tout le week-end… Pour accéder à son appartement, il a donc également fait appel à des ambulanciers, qui l’ont monté à bout de bras.

Il a également appelé l’astreinte de SIA et la cadre d’astreinte du bailleur s’est montrée « très humaine », explique-t-il, en essayant de trouver une solution jusqu’en fin d’après-midi ; en vain… La grève des astreintes OTIS avait bien débuté vendredi soir.

Pour Bernard Caignet, ce qui s’est passé relève de la non-assistance à personne en danger. « On nous a pris en otage ! OTIS sait très bien que des personnes en fauteuil roulant habitent dans l’immeuble parce que l’ascenseur a un numéro spécial. Mais l’astreinte du week-end a été supprimée, les grévistes ont tapé là où ça fait mal ! »

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Béthune et Verquin : un collectif de locataires de la cité du 8 Ter dénoncent « des rénovations au rabais »

Manque de concertation, de finitions, plusieurs locataires SIA de la cité du 8 Ter, enclavée entre Béthune et Verquin, déchantent après le lancement des travaux de rénovation de ces maisons de mineurs de 1920.

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« On nous a vendu du rêve ! », raconte amère Maryline Gallet, locataire SIA d’une des 122 maisons en rénovation de la cité du 8 Ter. Lors de la réunion de présentation du projet aux locataires en octobre dernier, « la SIA nous avait promis qu’on n’aurait qu’à poser nos meubles ».Mais c’est la désillusion, à tel point que Maryline a créé le 27 mai un collectif de locataires mécontents. Pour dénoncer un manque de concertation avec le bailleur social.

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« Pas de finitions »

Les travaux de rénovation prévoyaient le remplacement de la chaudière, des menuiseries, et l’isolation de la toiture et des murs extérieurs. Et c’est là que le bât blesse. Les murs intérieurs de ces habitations de mineurs sont rongés par l’humidité. Mais ils ne seront ni traités, ni repeints.

La SIA avait promis aux locataires une concertation au cas par cas pour des travaux dits « de confort » si le besoin s’en faisait sentir. Mais à chaque demande : « Ils nous font une réponse automatique : nous n’avons pas le budget. On n’a pas voix au chapitre, se plaint Ingrid Garand, qui occupe depuis le 11 mai une maison témoin dans l’attente de retrouver sa maison, actuellement en travaux. Cette maison témoin est un bel exemple de ce qui nous attend, il n’y a pas de finitions, le travail est fait à moitié. »

Dans l’habitation témoin, seule la pièce principale est repeinte en blanc, une seule couche de peinture qui laisse encore deviner la moisissure qui revient inlassablement sur les murs.

Dans la rue Nationale à Béthune, chez Madeleine, 83 ans, les travaux sont censés être terminés dans ce plain-pied qu’elle occupe depuis à peine un mois. Mais là encore, un gros problème d’humidité persiste, les tuyaux en cuivre sont à vue et les fissures sur les murs ne sont pas colmatées. « Ils ont installé une douche, mais je ne peux pas y entrer, la cabine est trop petite. » Pour autant, Madeleine refuse de se plaindre : « Dans mon ancienne habitation qui se trouvait aussi dans la cité du 8 Ter, les murs s’effritaient. »

Plus bas, avenue Winston-Churchill, la maison de Philippe et Jeanine Marot est en train de dépérir. « La SIA m’a demandé de nettoyer ma maison, sinon, ils ne viennent pas. Ils ne sont pas passés pour la visite initiale. Vous avez beau nettoyer, la moisissure revient et à force on n’a plus le goût d’entretenir quoi que ce soit. » Une insalubrité croissante à laquelle devaient mettre fin les travaux. Mais pour Maryline Gallet, on est loin du compte : « Ce sont des rénovations au rabais ! »

La locataire mécontente a déposé, lundi matin, les statuts, pour transformer son collectif en une association de locataires.

Vendredi à 19 h, une réunion est organisée par le collectif des locataires avec le bailleur social SIA, le maître d’œuvre Nordpac et les élus, rue de l’Yser.

SIA s’explique et s’engage

L’humidité sera traitée. « Ces pathologies indépendantes du programme des travaux seront traitées. L’entreprise en charge des travaux, Norpac, va mettre en œuvre des traitements de remontées capillaires par injection de résine au pied des murs infectés. »

Concertations… Un pilote social devrait rencontrer les habitants pour les rénovations intérieures : « Il est normal que des travaux extérieurs aient commencé sans rencontre individuelle. Comme nous nous y sommes engagés, aucune intervention intérieure ne sera engagée sans la visite du pilote social. »

Un manque de finitions ? « Lors des réunions publiques en octobre dernier, nous avions convenu d’un détapissage et de la mise en blanc de 100 % des murs dans les pièces recevant un doublage thermique. Cette finition est appelée « prêt à tapisser ». Le programme n’intègre pas d’autres rénovations dans les pièces ne faisant pas l’objet d’un doublage thermique. »

La hausse des loyers. « Les habitants seront gagnants, leurs charges seront moins élevées. Les maisons étaient énergivores, classées G. Après les travaux, la classification sera entre B et D. »

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