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16 février 2014 archive

Villeneuve-d’Ascq : pour les commerçants au pied du stade, le miracle économique promis tient plus du mirage !!

Publié le 15/02/2014

Par Cédric Gout

La semaine dernière, à quelques jours de décalage, Le Bar à pâtes et Le Métropole, deux commerces des Terrasses du stade Pierre-Mauroy, ont mis la clé sous la porte après un an d’activité. L’ambiance est au plus bas chez les commerçants qui travaillent au pied de ce qui devait être une locomotive économique et qui, finalement, est un frein à leur activité. Voire à l’activité de tout un secteur.

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Nous nous sommes fait l’écho (nos éditions des 6 et 7 février) des difficultés rencontrées par les commerçants qui travaillent à proximité du stade Pierre-Mauroy. Fermetures, parkings désertés par la clientèle les jours de matchs, chiffre d’affaires en berne, il n’y a que certains bars et restaurants qui tirent leur épingle du jeu. Et encore ! Les deux commerces qui viennent de fermer au pied du stade prouvent le contraire.

Pourtant, ils y croyaient. À l’image d’Adil Rami, l’ancien joueur du LOSC, qui avait ouvert un bar à pâtes en avril 2013. Il était fier de montrer son restaurant à la caméra de la télévision du LOSC. Christophe et Éric Deloor y ont cru aussi. Ils ont ouvert Le Métropole un bar, brasserie, loto, presse en novembre 2012, à quelques mètres du Bar à pâtes.

Un peu plus d’un an après l’ouverture, ils ont fermé. Entre les deux vitrines désormais éteintes, Stéphane Dewaele, tente de faire vivre son restaurant La Table (lire ci-dessous). À l’angle de l’immeuble, le patron de La Régie en veut à Michel Seydoux et à Eiffage.

Pour Mathieu Docquiert, « Eiffage est un bon constructeur, mais pas encore un bon communicant ». Mais c’est surtout au président du LOSC que le commerçant en veut : « Seydoux a des problèmes de millionnaire. Il a décidé tout seul de ne pas accueillir Lens au stade. Mais cela nous aurait donné une bouffée d’oxygène, cela aurait permis de maintenir des emplois. »

Car pour Mathieu Docquiert, la venue de Lens aurait maintenu l’activité promise : « On nous avait dit qu’il y aurait environ 45 événements par an. S’il y en a 27, c’est magnifique ! Si Lens ne vient pas, d’autres commerces vont fermer… Que les politiciens se bougent. Pour maintenir mon commerce, j’ai besoin de ces 18 matchs en plus. En dessous, je ne sais pas… »

Tous les commerçants que nous avons rencontrés critiquent la mauvaise signalétique – « Eiffage a mis de grands totems, mais on n’arrive pas à lire ce qui est écrit dessus et ils ne sont pas éclairés ! », « l’accès au parking souterrain est mal indiqué ! », l’impossibilité pour les clients de se garer devant les commerces alors qu’il y a largement de la place, les loyers élevés et, surtout, la promesse d’événements au stade qui n’a pas été tenue. Les commerçants ont le couteau sous la gorge et la plupart se demande s’ils tiendront un an de plus.

«Ils nous ont vendu du rêve!»

Stéphane Dewaele a ouvert La Table en novembre 2012. Il tient une autre affaire dans la région, un autre restaurant qui fonctionne très bien et le laisse penser qu’il est compétent. Mais depuis son installation au pied du stade, il a dû réduire l’effectif de La Table de moitié, passant à sept salariés. « Aujourd’hui, je commence à équilibrer mon budget parce que je commence à avoir une clientèle, indique-t-il. On a progressé par rapport au début, mais j’ai eu trop de pertes au départ. J’ai investi 770 000 € dans ce restaurant, parce qu’ils nous ont vendu du rêve, avec 50 événements par an et des animations… » En 2013, il a profité de Stars 80, pas du concert de Rihanna parce que le public est plus jeune que sa clientèle et il aurait pu profiter du concert de Depeche Mode parce qu’il avait 90 réservations…

Aujourd’hui, il voit que rien n’est fait pour favoriser le développement des commerces des Terrasses. « Je paye un loyer d’environ 10 000 € par mois, mais ce serait normal s’il y avait une bête de course ! Mais là, c’est plus un bidet… » Stéphane Dewaele critique lui aussi la mauvaise signalétique, notamment celle pour le parking souterrain gratuit pour les clients. « On nous fait payer le parking souterrain, à raison de 50 € par mois et par salarié. Les clients qui veulent accéder à ce parking ratent l’entrée la plupart du temps, parce que c’est mal indiqué. Eiffage a verrouillé le dépose-minute pour forcer les gens à aller au parking. Mais pourquoi nos clients ne pourraient-ils pas se garer devant nos commerces ? Il y a bien assez de place ! Il suffirait de baisser les plots et de les remonter les jours de matchs. »

Le restaurant de Stéphane Dewaele est désormais coincé entre deux commerces fermés (Le Métropole et le Bar à pâtes). Plus loin, au pied des deux hôtels de la zone, deux autres cellules commerciales attendent preneurs. Si selon la maxime, le client attire le client, il est clair que plus ça vient et moins les clients vont se presser dans les commerces des Terrasses du Stade.

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